Le ton montre entre plusieurs agriculteurs et les autorités régulation ivoirienne. Le Syndicat National Agricole pour le Progrès de Côte d’Ivoire (SYNAP-CI) maintient son mouvement de protestation contre le prix bord champ fixé à 1 200 FCFA le kilogramme de cacao pour la campagne 2026-2027. Son président, Koné Moussa, producteur de café-cacao à Daloa, a réaffirmé cette position lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 30 septembre 2026 à Abidjan.
Le syndicat appelle ses membres estimés à 868 000 producteurs, à ne pas commercialiser leurs nouvelles récoltes jusqu’à nouvel ordre. Le syndicat avait déposé un préavis de grève le 2 septembre, avant d’appeler à la suspension de la commercialisation à partir du 16 septembre. Selon Koné Moussa, cet appel, suivi par les membres de cette organisation a porté ses fruits. L’on constate avec regret un stock « insignifiant » de cacao dans les ports d’Abidjan et de San-Pedro.
L’organisation réclame également des explications sur l’écart entre les niveaux de rémunération des producteurs ivoiriens et ghanéens. Au Ghana, le prix producteur de la campagne 2026-2027 a été fixé à 2 100 F CFA le kilogramme. Cette comparaison intervient alors que la Côte d’Ivoire et le Ghana ont convenu, en juin 2026, d’harmoniser progressivement leurs politiques de prix bord champ dans le cadre de leur Initiative cacao commune.
Le SYNAP-CI exige la démission du Directeur Général du Conseil Café Cacao
Le SYNAP-CI a évoqué une autre difficulté, celle des stocks issus de la campagne précédente qui n’auraient pas encore été enlevés ou payés. « Nous ne pouvons pas entamer une nouvelle campagne sans être en possession de nos dus pour nos produits enlevés lors de la campagne précédente », a affirmé Koné Moussa.
Depuis le 21 septembre 2026, le SYNAP-CI mène une tournée dans plusieurs zones productrices, notamment Duékoué, Bouaflé, Danané, Toulépleu et Biankouma, afin de mobiliser ses membres quant à la non vente de leurs produits.
Le SYNAP-CI demande par ailleurs le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao, qu’il tient pour responsable de plusieurs difficultés rencontrées dans la filière. En l’absence de réponse, le syndicat menace d’organiser une marche vers la CAISTAB à Abidjan afin de rendre publiques les revendications des producteurs.
Cette contestation intervient après une baisse significative du prix bord champs, qui passe de 2 800 FCFA le kilogramme lors de la campagne 2025-2026 à 1 200 FCFA pour celle de 2026-2027.
Sandrine KOUADJO