Dans un communiqué publié le mercredi 7 octobre 2026 sur sa page Facebook, le ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH) apporte un droit de réponse à la suite d’accusations relayées par des médias concernant les conditions d’attribution et de mise en œuvre de la convention conclue avec la société française Vet’tronic, dans le cadre du projet d’identification et de traçabilité des animaux.
Le MIRAH réagit notamment à la diffusion, le 5 octobre, par le média « Enquête Média », d’allégations relatives aux conditions de mise en œuvre de cette convention. Ces informations ont été amplifiées le 6 octobre 2026 par le journaliste Théophile Kouamouo, à travers une interview audiovisuelle diffusée sur sa chaîne DLA (Décrypter l’Afrique).
Le ministère estime que ces allégations, qu’il qualifie de « contre-vérités », sont susceptibles d’entretenir la confusion autour d’une réforme stratégique pour le secteur de l’élevage.
Selon le communiqué, cette réforme constitue une étape majeure dans la mise en œuvre de la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA). Elle vise, à terme, à assurer la traçabilité de tous les produits animaux destinés à la consommation.
Une réforme engagée depuis 2022
Engagée depuis 2022, cette réforme doit également permettre d’améliorer les capacités de lutte contre le vol de bétail, avec 2 350 ruminants volés en 2025, de renforcer la surveillance sanitaire, de contrôler les mouvements du cheptel, estimé à 4 767 243 bovins et ovins, notamment dans les zones frontalières et de transhumance, mais également de disposer de données fiables sur le cheptel national et de sécuriser les investissements des éleveurs.
Depuis le lancement du processus, plusieurs actions ont été menées, notamment des consultations avec les interprofessions du secteur de l’élevage, la validation de travaux dans le cadre de groupes de travail, la création d’un service dédié au sein de la Direction des productions animales, l’élaboration d’outils techniques manuels selon les normes de l’UEMOA, ainsi que l’adoption du décret n° 2024-665 du 1er août 2024 fixant les règles générales d’identification des animaux, de leurs propriétaires et des locaux.
Toutefois, le système encore manuel ne permettant pas de réaliser l’identification à grande échelle, le MIRAH a entrepris sa numérisation.
Une sélection après l’évaluation d’une solution locale
Concernant la sélection du prestataire, le ministère souligne qu’une procédure a été engagée dans le respect des dispositions du Code des marchés publics. Une entreprise locale avait ainsi été retenue pour proposer une solution informatique.
Cependant, après examen de cette solution par les services techniques du MIRAH et ceux du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, certaines insuffisances ont été relevées, notamment en ce qui concerne l’intégration de l’identification électronique, l’articulation entre les équipements d’identification et la plateforme informatique, ainsi que les conditions de déploiement opérationnel à grande échelle.
Dans ce contexte, le MIRAH indique avoir poursuivi ses investigations, notamment à travers ses collaborateurs installés dans les chancelleries à l’extérieur du pays, afin d’identifier d’autres opérateurs susceptibles de répondre aux exigences techniques, opérationnelles et organisationnelles d’un système national d’identification des animaux.
C’est dans ce cadre que des échanges ont été engagés avec la société française Vet’tronic, spécialisée dans les solutions d’identification des animaux en France et dans d’autres pays européens.
La solution proposée par Vet’tronic comprend notamment des équipements d’identification électronique, des outils de lecture, une plateforme informatique de gestion des données ainsi qu’un accompagnement technique pour la mise en œuvre et le déploiement du système.
Vet’tronic propose une phase pilote de 12 mois
Par ailleurs, Vet’tronic a proposé la réalisation, sur ressources propres, d’une phase pilote d’identification de douze (12) mois devant permettre au MIRAH d’évaluer sa solution en conditions réelles.
Cette phase expérimentale prévoit notamment, l’identification de 20 000 animaux d’élevage et de 5 000 animaux de compagnie ; la mise à disposition et le test des équipements nécessaires ; le paramétrage et l’évaluation de la solution informatique, la formation des personnels et utilisateurs. Ainsi que le déploiement expérimental dans des zones pilotes et l’évaluation des performances techniques et opérationnelles du dispositif.
Enfin, le MIRAH assure que les données issues de l’identification des animaux et relatives au cheptel national seront hébergées et sécurisées en Côte d’Ivoire, conformément à l’exigence de souveraineté des données.
Sandrine KOUADJO