La Côte d’Ivoire, à travers le ministre Bernard Kini Comoé, a réaffirmé son engagement en faveur d’une agriculture résiliente face au changement climatique, à l’occasion de la célébration des dix ans de l’Initiative AAA (Adaptation de l’Agriculture Africaine) au changement climatique), organisée mercredi 16 septembre 2026 au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome.
Représentant la Côte d’Ivoire au segment de haut niveau consacré à la continuité du leadership des Conférences des Parties (COP), le ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini Comoé, a mis l’accent sur un enjeu majeur pour les agricultures africaines : transformer les plans d’adaptation climatique en projets effectivement financés.
La Côte d’Ivoire figure parmi les premiers pays à avoir achevé, en 2018, son plan d’investissement pour une agriculture intelligente face au climat avec l’appui de l’Initiative AAA et de ses partenaires. Pour le ministre délégué, cette expérience illustre la nécessité de franchir une étape supplémentaire : passer de la planification à la mobilisation effective des ressources.
De la planification au financement
L’exemple ivoirien s’appuie notamment sur le projet LARACI (Enhancing Sustainable Land Management and Climate-Resilient Agri-food Systems in Côte d’Ivoire), approuvé par le Conseil du Fonds vert pour le climat.Porté par le CGIAR, en partenariat avec le FIRCA et AfricaRice, ce projet bénéficie d’un financement de 40 millions de dollars de don du Fonds vert pour le climat, pour un coût total de 50 millions de dollars sur cinq ans.
Le programme cible notamment les filières riz, manioc et igname, avec pour objectif de renforcer la gestion durable des terres et la résilience des systèmes agroalimentaires ivoiriens face aux effets du changement climatique.
Selon les éléments du projet, celui-ci s’appuie directement sur le plan d’investissement ivoirien et contribue à la mise en œuvre de plusieurs des investissements et actions qui y avaient été identifiés comme prioritaires.
À Rome, Bernard Kini Comoé a ainsi mis en avant cette trajectoire comme un enseignement pour les autres pays africains : un plan d’investissement ne prend véritablement sa valeur que lorsqu’il permet de déboucher sur des projets bancables et des financements concrets.
Accélérer la préparation des projets
Pour le ministre délégué, l’enjeu ne réside donc plus uniquement dans l’élaboration de stratégies nationales d’adaptation, mais dans la capacité des pays à préparer des projets susceptibles de mobiliser les financements internationaux.
Cette capacité de préparation apparaît comme une condition essentielle pour reproduire les expériences réussies et élargir l’accès des agricultures africaines aux ressources climatiques. Le cas ivoirien montre ainsi le chemin parcouru depuis la COP22 de Marrakech, qui avait vu naître l’Initiative AAA, jusqu’aux mécanismes actuels de financement de l’adaptation.

Une voix africaine dans la continuité des COP
L’intervention de Bernard Kini Comoé s’inscrivait également dans une réflexion plus large sur le rôle de l’Afrique dans les négociations climatiques. L’année 2026 est marquée par plusieurs échéances structurantes pour le continent, notamment la mise en œuvre de la nouvelle stratégie du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA) pour la période 2026-2035, ainsi que les travaux liés à l’adaptation et à la nouvelle génération de contributions déterminées au niveau national.
Depuis Marrakech, l’Initiative AAA s’est imposée comme une plateforme de dialogue entre les ministres africains de l’Agriculture autour de l’adaptation du secteur agricole au changement climatique. Six conférences ministérielles ont notamment permis de porter cette dynamique à travers des déclarations successives.
La perspective de la COP31 d’Antalya, puis de la COP32 prévue à Addis-Abeba en novembre 2027, donne une nouvelle dimension à cette mobilisation. À Rome, le message ivoirien s’est donc voulu concret : consolider les acquis de la décennie écoulée, renforcer la préparation de projets et améliorer la capacité du continent à transformer ses priorités d’adaptation en investissements.
La célébration des dix ans de l’Initiative AAA a ainsi ouvert une nouvelle séquence : celle d’une adaptation agricole africaine davantage connectée aux instruments de financement et aux décisions internationales sur le climat.
La rencontre de Rome s’est poursuivie avec une présentation du document stratégique « 10 Years of the AAA Initiative: The State of African Agricultural Adaptation, 2016-2026 Assessment and Roadmap to 2036 », avant une table ronde consacrée aux prochaines étapes de l’adaptation agricole africaine.
DCRP