Le Burkina Faso renforce son potentiel de production rizicole avec huit nouvelles variétés de riz développées grâce à la sélection par mutation, une technique nucléaire permettant d’accélérer l’amélioration génétique des plantes. Ces variétés, capables d’atteindre des rendements de 9 à 11 tonnes à l’hectare, arrivent à maturité en moins de quatre mois, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Officiellement inscrites au catalogue national en juin 2025, ces variétés ont été développées avec l’appui de l’AIEA et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans le cadre de l’initiative Atoms4Food. Elles présentent des performances supérieures à celles des variétés précédemment inscrites, dont les rendements se situent généralement entre 4 et 6 tonnes à l’hectare.
La sélection par mutation consiste à utiliser des rayonnements pour accélérer les variations génétiques naturelles des plantes, puis à sélectionner celles qui présentent les caractéristiques recherchées. Cette approche permet notamment d’améliorer les rendements et d’adapter les cultures aux besoins agricoles et alimentaires.
Le Burkina développe huit variétés de riz
Les nouvelles variétés ont également été sélectionnées en tenant compte des préférences des consommateurs. Deux produisent de gros grains, deux sont riches en amidon résistant et une autre présente un caractère gluant. Dans la plaine rizicole de Banzon, à l’ouest du pays, l’une d’entre elles a enregistré un rendement pouvant atteindre 11,76 tonnes à l’hectare, d’après l’AIEA.
Cette innovation intervient dans un contexte marqué par la hausse de la consommation de riz au Burkina Faso, qui a doublé au cours de la dernière décennie. Malgré cette progression, environ la moitié du riz consommé dans le pays provient encore des importations, selon l’agence.
Pour favoriser l’adoption de ces nouvelles variétés, des champs de démonstration ont été aménagés notamment à Bama et à Banzon. Ces espaces permettent d’évaluer leurs performances dans les conditions locales et de présenter leurs avantages aux producteurs.
La prochaine étape consiste à accroître la production de semences afin de faciliter leur accès aux agriculteurs. À travers cette initiative, le Burkina Faso entend améliorer sa production rizicole, renforcer sa sécurité alimentaire et réduire progressivement sa dépendance aux importations, tout en consolidant ses capacités nationales de recherche agricole rapporté par fr.apanews.net.
Amy Sangaré