Le gouvernement ivoirien renforce progressivement les exigences de légalité, de traçabilité et de gestion durable des ressources forestières. Cette orientation a été réaffirmée par le ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan, le 21 octobre 2026, lors du lancement de l’instruction des demandes de reprise des activités forestières dans les Périmètres d’exploitation forestière (PEF) pour la campagne 2027, a rapporté l’AIP.
Au titre de cette nouvelle campagne, la dématérialisation des procédures constitue une mesure majeure. Les exploitants devront soumettre leurs dossiers en ligne sur la plateforme du Système national de vérification de la légalité et de la traçabilité (SNVLT). Le paiement des frais d’instruction s’effectuera via TrésorPay-TrésorMoney, accessible depuis le site minefnet.ci.
Le ministre a précisé qu’aucun dossier physique ne sera traité sans dépôt préalable des pièces requises en ligne. Les documents papier devront également correspondre aux versions numériques transmises.
Exploitation forestière : le gouvernement renforce les règles de traçabilité
Les exploitants devront conclure des accords écrits avec les propriétaires des ressources forestières avant toute coupe d’arbres, renseigner régulièrement et avec exactitude leurs opérations dans le SNVLT et participer aux réunions des comités de suivi de la gestion des PEF.
Par ailleurs, la délivrance de nouveaux documents d’exploitation sera progressivement conditionnée à la mise à jour des opérations antérieures dans le système de traçabilité. L’objectif est d’assurer le suivi des produits forestiers, depuis leur lieu de prélèvement jusqu’à leur destination finale.
Jacques Assahoré Konan a également invité les exploitants à accompagner les propriétaires dans l’enregistrement de leurs forêts afin de mieux identifier les ressources disponibles, de sécuriser les droits de propriété et de préparer les futures modalités d’exploitation.
Concernant le reboisement compensatoire, le ministre a insisté sur la nécessité d’assurer l’entretien et le suivi des plantations au-delà de leur mise en terre. « Planter ne suffit pas », a-t-il souligné, appelant à des résultats durables conformes aux cahiers des charges.
Il a enfin exhorté les exploitants à anticiper les nouvelles exigences, les organisations professionnelles à renforcer la sensibilisation et l’administration forestière à accompagner les opérateurs tout en veillant au respect des textes.
La campagne 2027 marque ainsi une nouvelle étape vers une exploitation forestière plus responsable à l’horizon 2030, conformément aux ambitions de la Stratégie de valorisation des produits forestiers (SVPF) et de l’accord APV-FLEGT.
Sandrine KOUADJO