À l’approche de la 10ᵉ édition du Salon de la Gastronomie de l’Outre-Mer et des Cuisines du Monde à Paris, le Conseil du Coton et de l’Anacarde mobilise chefs ivoiriens et diplomatie culinaire pour propulser la noix de cajou locale dans le segment haut de gamme.
Le 28 août 2026, la Directrice de la Communication et du Marketing du Conseil Coton Anacarde Karité (CCAK), Alimata Soumahoro, a présidé au siège de l’institution à Abidjan une séance de planification technique consacrée à la participation de la Côte d’Ivoire à la 10ᵉ édition du Salon de la Gastronomie de l’Outre-Mer et des Cuisines du Monde (SAGASDOM) à Paris, validant une feuille de route pour positionner l’anacarde ivoirienne sur la scène gastronomique parisienne.
La direction du CCAK assume une stratégie de diplomatie culinaire en visant les sommets de la gastronomie afin de faire évoluer la noix de cajou du statut de produit brut exporté vers celui d’ingrédient recherché par les chefs et les grands distributeurs internationaux.
Lors de cette réunion, Alimata Soumahoro a rappelé que la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cajou et a exhorté les professionnels de la restauration à transformer cet avantage en valeur ajoutée, estimant que la performance économique de la filière dépend désormais de la capacité des chefs à intégrer l’anacarde dans des recettes à forte visibilité.
Le SAGASDOM comme vitrine pour la filière anacarde
La 10ᵉ édition du Salon de la Gastronomie de l’Outre-Mer et des Cuisines du Monde, organisée à Paris par la directrice générale du salon, Marville Marina, constitue pour la délégation ivoirienne une vitrine d’affaires où la noix de cajou et d’autres produits du terroir seront présentés à un panel d’acheteurs, de distributeurs et de critiques culinaires internationaux.
Pour exploiter pleinement cet espace, trois chefs ivoiriens, Olivier Gnamien, Jessica Berment et Nina Loukou, préparent une série de démonstrations techniques et de recettes inédites, avec l’ambition de démontrer que la noix de cajou peut être travaillée dans des préparations complexes répondant aux exigences d’une table haut de gamme. La feuille de route adoptée au CCAK lie explicitement la conquête de nouvelles niches de marché à la créativité culinaire : les autorités de la filière veulent faire de la scène parisienne un levier immédiat pour accroître les revenus à l’exportation et renforcer l’image de marque des produits ivoiriens.
La gastronomie au service de la transformation locale
Au-delà du coup de projecteur à Paris, le CCAK présente cette campagne comme un outil pour encourager la transformation locale de la noix de cajou, en misant sur l’agroalimentaire et la restauration pour créer des emplois industriels et de services plutôt que de se limiter à la seule activité agricole de récolte.
Les responsables de la filière expliquent que la valorisation culinaire de l’anacarde doit contribuer à mieux capter sur le territoire national la richesse générée par cette culture de rente, en orientant les flux vers des unités de transformation et des marques ivoiriennes positionnées sur des segments plus rémunérateurs.
Cette approche s’inscrit dans une tendance plus large des autorités ivoiriennes à utiliser les salons internationaux comme instruments de diversification des débouchés et de montée en gamme des exportations agricoles, en renforçant la place d’Abidjan dans les circuits mondiaux de la gastronomie et des produits fins.
Les chefs ivoiriens à l’épreuve des tables parisiennes
Autour de Marville Marina, les chefs Olivier Gnamien, Jessica Berment et Nina Loukou ont déjà conçu des plats où l’anacarde ne se limite plus au simple rôle de garniture ou d’en-cas, mais devient un composant central des assiettes, conçu pour dialoguer avec les codes de la haute cuisine servie à Paris.
Les équipes du CCAK misent sur la capacité de ces ambassadeurs culinaires à convaincre les distributeurs et restaurateurs français de la polyvalence industrielle de la noix de cajou ivoirienne, afin de consolider de nouveaux contrats et de sécuriser des volumes d’écoulement pour la production locale.
En parallèle des démonstrations, la délégation prévoit des échanges ciblés avec des acheteurs et des critiques, considérés comme des prescripteurs clé dans la reconnaissance de la noix de cajou comme ingrédient adapté aux cartes des restaurants gastronomiques.
La participation à la 10ᵉ édition du SAGASDOM à Paris constitue désormais l’échéance centrale de la feuille de route validée par le CCA, l’institution voyant dans ce rendez-vous le premier test grandeur nature de sa stratégie de positionnement gastronomique de l’anacarde ivoirienne. Les retours des acheteurs, des distributeurs et des critiques lors du salon serviront de base pour ajuster les futures campagnes de promotion, qu’il s’agisse de diversifier les produits dérivés de la noix de cajou ou d’étendre la démarche à d’autres filières agricoles sous l’égide du Conseil du Coton et de l’Anacarde.
La 10ᵉ édition du Salon de la Gastronomie de l’Outre-Mer et des Cuisines du Monde (SAGASDOM) aura lieu les 2, 3 et 4 octobre 2026, au Pavillon Gravelle, Paris (12ᵉ arrondissement). Plus de 100 exposants, 50 chefs, des shows culinaires sont attendus.
André SELFOUR avec capmad.com