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Accueil » Blog » Voici les pays les plus dépendants de l’étranger
International

Importation de riz en Afrique / Voici les pays les plus dépendants de l’étranger

24 août 2026 18h53
AgroPastoral News
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Riz
Les données compilées par le Foreign Agricultural Service (FAS) révèlent en effet un continent africain massivement importateur de riz
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Le bulletin «Grain: World Markets and Trade» publié par le Foreign Agricultural Service du Département américain de l’agriculture dresse un état des lieux sans appel du marché mondial du riz pour la période 2026/27. Pour l’Afrique, les chiffres traduisent une dépendance structurelle aux importations, une production insuffisante et une exposition directe aux prix des grands exportateurs asiatiques.

Si le rapport de USDA s’ouvre sur les céréales européennes (blé et maïs en berne sous l’effet de la sécheresse), c’est bien la section «Rice: world markets and trade» qui retient l’attention pour quiconque observe l’Afrique.

Les données compilées par le Foreign Agricultural Service (FAS) révèlent en effet un continent massivement importateur de riz, faiblement producteur au regard de sa consommation, et dont les stocks de sécurité demeurent dangereusement minces. Le tableau régional du bulletin est éloquent. Pour la campagne 2026/27, l’Afrique subsaharienne affiche une consommation intérieure de 42.727 milliers de tonnes (kt), contre une production de seulement 23.477 kt. L’écart, béant, est comblé par des importations prévues à 19.275 kt.

Autrement dit, près de 45% du riz consommé au sud du Sahara devrait provenir de l’étranger. Les stocks de clôture régionaux s’établissent à 4.272 kt, soit à peine 10% de la consommation annuelle, un ratio préoccupant pour la sécurité alimentaire. Précision de taille: le bulletin de l’USDA date du 12 août 2026. Pour le riz, l’année commerciale 2026/27 correspond à l’année civile 2027. Nous sommes en août 2026, ces importations relèvent donc du futur ou du conditionnel. En comparaison, l’Afrique du Nord présente un tableau moins critique mais toujours déficitaire: 4.810 kt consommées, 4.55 kt produites, 780 kt importées, et des stocks de clôture de 461 kt.

La dépendance y est plus modérée, mais la région n’échappe pas au recours aux marchés internationaux. Au Maroc, le riz n’est pas un aliment de base au même titre que le blé ou le couscous. La consommation reste donc modeste, mais elle progresse avec l’urbanisation, le tourisme et le développement de la restauration, notamment les établissements asiatiques. Selon la Fédération nationale interprofessionnelle du riz (FNIR) du Maroc, la production locale couvre environ 75% de la demande nationale. À l’échelle de l’Afrique globale pour la campagne 2026/27, le bulletin de l’USDA fait apparaître une consommation totale de riz de 47.537 milliers de tonnes, résultant de l’addition de 42.727 milliers de tonnes pour l’Afrique subsaharienne et de 4.810 milliers de tonnes pour l’Afrique du Nord. Les importations africaines devraient s’élever dans le même temps à 20.055 milliers de tonnes, dont 19.275 milliers de tonnes pour la seule Afrique subsaharienne et 780 milliers de tonnes pour l’Afrique du Nord.

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Rapportées à la consommation, ces importations représentent environ 42,2% du riz consommé sur le continent. La dépendance est donc massive, bien qu’elle soit légèrement atténuée par l’Afrique du Nord, dont le taux d’importation rapporté à la consommation est nettement plus faible (environ 16%) que celui de l’Afrique subsaharienne, où près de 45% du riz consommé devrait provenir de l’étranger.

Les pays africains dans le viseur des importations

Le bulletin détaille les volumes d’importations de plusieurs pays africains. Le Nigeria demeure le premier importateur africain listé, avec des achats stabilisés à 2.900 kt pour 2025/26 et 2026/27, après une hausse continue depuis 2022/23 (2 000 kt). La Côte d’Ivoire suit avec 1.700 kt prévues en 2026/27, en léger repli par rapport aux 1.800 kt de 2025/26. Le Sénégal reste un acheteur structurel à hauteur de 1.400 kt. Plusieurs évolutions notables ressortent des révisions mensuelles de l’USDA.

Le Kenya enregistre une révision à la hausse de 200 kt pour 2025/26, portant ses importations à 1.000 kt. La raison invoquée par le FAS est l’accès en franchise de droits annoncé par le gouvernement, jusqu’à 490.000 tonnes. Une mesure qui illustre comment les politiques commerciales nationales peuvent modifier brutalement les flux d’approvisionnement.

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À l’inverse, la Guinée voit ses importations révisées à la baisse de 100 kt, à 1.100 kt pour 2026/27, «en raison d’achats plus faibles de riz asiatique». Le Mozambique, lui, passe de 1.050 kt en 2025/26 à 1.000 kt prévues en 2026/27, tandis que l’Afrique du Sud maintient un niveau de 1.250 kt. Le Ghana stagne à 900 kt, Madagascar à 850 kt, et le Burkina Faso à 800 kt. Au total, l’Afrique subsaharienne importe 19 275 milliers de tonnes (kt) en 2026/27, un volume stable par rapport à 2025/26 mais en hausse de 25% par rapport à 2022/23. La dépendance s’installe, voire s’aggrave.

L’Égypte, seule exportatrice africaine significative

Dans la section des exportations mondiales de riz, un seul pays africain émerge : l’Égypte. Ses ventes sont prévues à 200 kt en 2026/27, après 150 kt en 2025/26 et 164 kt en 2024/25. Une performance honorable, mais qui pèse moins de 0,4% des exportations mondiales totales (62 875 kt). Aucun autre pays africain ne figure dans le tableau des principaux exportateurs.

Un constat qui souligne la marginalisation du continent dans le commerce mondial du riz, à l’exception de quelques niches. Les prix FOB quotidiens publiés par l’USDA montrent une dynamique contrastée parmi les grands fournisseurs. L’Inde, principal exportateur mondial, affiche des cotations en hausse de 3 dollars à 358 dollars la tonne, portées par «un fort intérêt de l’Afrique et de l’Asie de l’Est».

Le Pakistan, à 395 dollars la tonne, a vu ses prix reculer de 19 dollars sur des ventes faibles au Moyen-Orient. Le Vietnam grimpe à 437 dollars la tonne en raison d’une offre limitée, tandis que la Thaïlande reste au-dessus des autres exportateurs asiatiques à 458 dollars la tonne, malgré une baisse de 16 dollars sur demande faible.

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Pour l’Afrique, ces chiffres sont cruciaux. L’Inde, avec ses prix compétitifs, confirme son rôle de premier fournisseur du continent. La hausse des cotations vietnamiennes et thaïlandaises pourrait renchérir les importations des pays africains qui se tournent vers ces origines. À l’inverse, le recul pakistanais offre une alternative potentielle, mais le bulletin ne fait pas état de flux massifs vers l’Afrique depuis ce pays. (…)

Le rôle grandissant de la Chine

Le bulletin de l’USDA met en lumière un fait marquant pour le continent africain: la Chine, longtemps perçue comme un importateur majeur de riz, devient un fournisseur de plus en plus actif sur les marchés africains. Dans la section «Trade Changes in 2026», les exportations chinoises sont révisées à la hausse de 200.000 tonnes, passant de 1.900.000 tonnes (estimation précédente) à 2.100.000 tonnes.

La raison invoquée par le Foreign Agricultural Service est sans ambiguïté «des prix compétitifs», qui stimulent la demande en provenance d’Afrique. Ce n’est pas un épisode isolé. L’aperçu global pour 2025/26 précise que «le commerce mondial est en hausse ce mois-ci grâce aux fortes ventes de la Chine vers l’Afrique».

Autrement dit, la progression des exportations mondiales de riz en 2025/26 repose en partie sur la capacité de Pékin à écouler ses excédents vers les pays africains. Cette dynamique est d’autant plus notable que la Chine affiche des stocks de clôture colossaux (105.500 000 tonnes en 2025/26, 107.000.000 tonnes prévues en 2026/27) et une production intérieure de 147.000.000 tonnes. Avec de tels volumes, elle dispose d’une marge de manœuvre considérable pour pratiquer des prix agressifs à l’exportation, y compris vers l’Afrique où la demande est structurellement élevée et les acheteurs sensibles aux écarts de prix.

Source : USDA

 

 

 

 

TAGGED:AfriqueBurkina FasoChineCôte d'IvoireexploitationimportationindemondeNigériapays dépendantsRizUSAID

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