La deuxième journée de la tournée de sensibilisation et d’information sur le projet d’identification des exploitants et des exploitations d’anacarde dans la région du Gontougo a été marquée par une sensibilisation de masse à l’endroit des producteurs, mercredi 19 août 2026, à la place du Petit Marché de Bondoukou. Les avantages de ce projet ont été mis en exergue durant la cérémonie.
Plusieurs producteurs de noix de cajou et acteurs de la filière anacarde, venus de plusieurs localités de la région, ont pris part à cet événement.
Ouvrant la série d’allocutions, le représentant du directeur général du Conseil Coton Anacarde Karité, le directeur des Délégations régionales, Doumbia Mamadou, a rappelé qu’en tant que premier producteur mondial d’anacarde, la Côte d’Ivoire doit organiser la filière afin de maintenir cette place. Ce recensement donnera donc à la filière tous les leviers nécessaires pour assurer son développement.
« Grâce à vous, chers producteurs, nous sommes le premier producteur d’anacarde, mais pour le rester, il faut se développer, et le développement passe par l’organisation. La première étape de cette organisation passe par votre recensement », a rappelé Doumbia Mamadou.
Identification des exploitants d’anacarde : « Pas de carte, pas de vente »
C’était également l’occasion pour le directeur des Délégations régionales de présenter les avantages de cette opération aux producteurs, qui en sont les premiers bénéficiaires. Il a aussi rappelé que la carte de producteur sera exigée pour toute opération de vente d’anacarde à partir de 2027, « Pas de carte, pas de vente. »
L’identification assurera notamment la garantie d’un meilleur prix pour les productions, la sécurisation des transactions, l’assurance de la traçabilité, ainsi que la prise en charge médicale des producteurs à travers la délivrance de la Couverture maladie universelle (CMU) à tous les producteurs identifiés.
La représentante du préfet de la région du Gontougo, la secrétaire générale de préfecture, Mme Danho Bessikoi Sandrine Lydie, a, quant à elle, introduit son allocution par des félicitations à l’endroit des producteurs.
« Félicitations à vous, chers producteurs. Soyez fiers, car la transformation de vos noix de cajou permet d’obtenir des produits comestibles et des intrants utilisés dans le secteur de la cosmétique, partout dans le monde. »
Elle a ensuite incité les producteurs à participer à cette opération d’identification afin de garantir une « meilleure organisation de la filière ».

‘’L’identification marque « une reconnaissance de leur travail » et apporte un « cachet de valeur » à leurs différentes exploitations’’
Les producteurs, conscients des retombées de cette opération sur leurs exploitations, ont manifesté leur adhésion. Cependant, ils souhaitent des mesures d’accompagnement pour l’entretien de leurs exploitations afin d’accroître davantage leur production et de permettre à la Côte d’Ivoire de conserver sa place de premier producteur mondial d’anacarde.
Palé Ezéchiel, producteur de noix de cajou à Dagadi, dans la région du Gontougo, confiait :
« L’identification garantira une régularisation des prix bord champ. Plusieurs acheteurs achètent parfois les noix en dessous du prix fixé par l’État. Cette situation est désavantageuse pour nous, producteurs. Nous attendons des mesures d’accompagnement de l’État pour l’entretien de nos champs. Nous sommes confrontés à des maladies qui s’attaquent à la croissance et à la production des noix de cajou. »
Pour certains acteurs, comme Yao Marceline, productrice de noix de cajou à Bondoukou, l’identification marque « une reconnaissance de leur travail » et apporte un « cachet de valeur » à leurs différentes exploitations.
Après la présentation du projet, une série de questions-réponses a permis d’éclairer davantage les acteurs sur le Projet d’identification des exploitants et exploitations d’anacarde (IEEA), qui vise à disposer d’une base de données nationale exhaustive des producteurs d’anacarde et de leurs exploitations, pour une meilleure traçabilité et un suivi renforcé de la production.
Sandrine KOUADJO