« La sécurisation foncière : un facteur de cohésion sociale et un levier pour l’investissement productif, la création d’emplois et le développement durable ». C’est autour de ce thème que se déroulera, du 5 au 7 octobre prochain, la première édition des Journées Foncières d’Abidjan, lancée le mardi 11 août 2026 à Abidjan, sous la présidence du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné.
Les Journées Foncières d’Abidjan (JFA) sont coorganisées par le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, le ministère de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, ainsi que l’Agence Foncière Rurale (AFOR). L’objectif de cette première édition est de permettre à la Côte d’Ivoire de tracer les sillons de la bonne gouvernance en matière foncière, à travers le partage d’expériences et de bonnes pratiques des pays invités.
La Côte d’Ivoire s’est engagée dans un processus de sécurisation de ses terres, qui constituent, en effet, un facteur important pour le développement de son économie.
« Au cours de la dernière décennie, la politique foncière a été érigée au rang des priorités de nos États, pour consolider la paix et la cohésion sociale, accroître les investissements productifs créateurs d’emplois et améliorer les conditions de vie des populations », a affirmé Bruno Koné.
Pour un pays dont l’économie repose principalement sur l’agriculture, la question de la sécurisation du foncier est donc cruciale. C’est pourquoi les autorités ivoiriennes ne lésinent pas sur les moyens pour garantir la sécurité des terres.
« La terre est notre bien commun le plus précieux, la sécuriser, c’est consolider la paix »
« La terre est notre bien commun le plus précieux. La sécuriser, c’est consolider la paix ; c’est ouvrir la voie à l’investissement et au financement de nos exploitations ; c’est permettre à un père et à une mère de transmettre sereinement leur patrimoine ; c’est, en définitive, préparer l’agriculture moderne, compétitive et durable que nous voulons pour la Côte d’Ivoire », a rappelé le ministre.
À cet effet, plusieurs initiatives ont été engagées pour concrétiser les différentes orientations. Il y a notamment la mise en place d’un cadre juridique clair, avec la loi du 23 décembre 1998 relative au domaine foncier rural, qui reconnaît les droits fonciers coutumiers et les matérialise par le certificat foncier, délivré à toute personne détentrice de droits coutumiers ou d’usage sur la terre.
La loi d’orientation agricole du 20 juillet 2015 a, quant à elle, inscrit la sécurisation foncière parmi les axes stratégiques de la politique agricole. Elle assigne à l’État des objectifs précis : sécuriser les droits des détenteurs coutumiers et des occupants, délimiter les territoires des villages, mettre en place un cadastre rural et promouvoir la contractualisation entre propriétaires fonciers et exploitants.
La création, en 2016, de l’Agence Foncière Rurale (AFOR) constitue également une étape importante dans ce processus.
Toutes ces réformes ont permis à la Côte d’Ivoire de délimiter et de borner 5 786 villages, dont 2 316 consacrés par arrêté ministériel, de délivrer 68 026 certificats fonciers et d’enregistrer 86 447 contrats agraires signés à ce jour, contre 284 villages délimités et bornés et 4 000 certificats fonciers délivrés avant 2017.
Une évaluation indépendante conduite en 2025 a également permis d’établir un recul de 30 % des conflits fonciers grâce à l’action de l’Agence.
Journées Foncières d’Abidjan : un rendez-vous de décideurs publics et des administrations en charge du foncier
Les JFA 2026 réuniront des décideurs publics, des administrations en charge du foncier, des représentants du secteur privé, des partenaires au développement, des experts, des instituts de recherche et des représentants de la société civile, en provenance de quatorze pays d’Afrique, d’Amérique et d’Asie.
Cet événement vise à devenir le principal rendez-vous du foncier en Afrique. Pour sa première édition, il entend prioriser le partage d’expériences. D’ailleurs, le Sénégal, doté d’une forte expérience en matière de cadastre et de prise en compte du genre, a été choisi comme pays à l’honneur.
Expositions, rencontres d’affaires et conférences meubleront ce grand rendez-vous du foncier à Abidjan.
Sandrine KOUADJO