Le Conseil Coton-Anacarde-Karité (CCAK) a organisé, mercredi 12 août 2026 à Korhogo, une campagne de sensibilisation de masse sur le Projet d’Identification des Exploitants et des Exploitations d’Anacarde (IEEA).
Environ 200 producteurs d’anacarde, en provenance de plusieurs localités de la Région du Poro, ont pris part à cette cérémonie qui s’est déroulée à la place Lass PR de Korhogo, en présence d’autorités administratives et coutumières.
C’est le Directeur des délégations régionales du CCAK, Mamadou Doumbia, qui a planté le décor en situant le contexte de cette offensive de masse dans l’un des principaux bastions de production de la filière anacarde, les motivations et les objectifs de ce projet.
« Nous venons à vous pour vous informer vous écouter et recueillir vos préoccupations », a dit Mamadou Doumbia, avant d’expliquer pourquoi le Projet d’Identification des Exploitants et des Exploitations d’Anacarde (IEEA) est si important pour les producteurs d’anacarde : « Parce que la Côte d’Ivoire est aujourd’hui le premier producteur de noix de cajou », a-t-il répondu.
M. Doumbia a fait savoir que cette performance est le fruit du travail, de la résilience et de l’engagement quotidien des producteurs. « Cependant, pour que cette filière continue de se développer et que vous producteur tiriez vraiment profit, nous devons relever un défi : mieux vous connaître, mieux connaître vos exploitations », a ajouté le Directeur des délégations régionales du CCAK.
Mamadou Doumbia a, par la suite, rappelé l’objectif de cette opération de sensibilisation. Il s’agit d’identifier chaque producteur, de recenser et géolocaliser les plantations et de créer une base de données nationale pour mieux les accompagner. « L’identification servira à garantir un meilleur prix pour notre noix de cajou, à sécuriser vos transactions commerciales, à bénéficier d’un accompagnement adapté à vos besoins dont la carte CMU est un objectif direct que nous allons atteindre après identification, à renforcer la traçabilité de vos produits», a promis le Directeur des délégations régionales du CCAK.
Une carte pour chaque producteur
Les producteurs ont ensuite eu droit à un exposé sur le mode opératoire ainsi que la conduite à tenir lors de la visite des agents recenseurs et les bénéfices de cette opération. Le Directeur du système d’information, des études et de la prospective du Conseil Coton-Anacarde-Karité, Gué Simplice, a, pour sa part, expliqué le processus de recueil de donnée en insistant sur la fiabilité et la sincérité des réponses.
« Quand nos agents viendront chez vous, ils vous identifieront ainsi que vos enfants et vos épouses. Ils demanderont le nombre de parcelle, la superficie et la capacité de production. C’est sur cette base que l’on va prévoir la sacherie et on doit savoir l’âge de vos plantations et trouver des moyens pour améliorer la production de la plantation en octroyant de nouveaux plants pour la réhabiliter », a expliqué M. Gué.
Selon lui, des agents seront déployés dans toutes les zones de production d’anacarde durant l’opération à l’issue de laquelle une carte sera délivrée à chaque producteur. Cette carte leur permettra de bénéficier d’encadrement, de conseil et de prestations et aussi d’actions initiées par le CCAK à l’intention des producteurs.

« Ne vous fiez pas aux rumeurs et à la désinformation »
Gué Simplice a également déclaré que détenir la carte de producteur permet de localiser le producteur, sa ou ses parcelles, de connaître sa capacité de production afin de l’aider à écouler sa marchandise à travers des ventes groupés. Quant à la conduite à tenir tout au long de cette opération, le Directeur du système d’information, des études et de la prospective du Conseil Coton-Anacarde-Karité a instruit les participants à réserver un accueil chaleureux au passage des équipes.
« Nous comptons sur vous, quand nos agents seront là il faut les accueillir et je précise, cette opération est gratuite. On vous demande seulement d’être disponibles et de vous faire identifier », a rappelé M. Gué. Il a exhorté les producteurs à ne pas se fier aux rumeurs et à la désinformation, mais d’être plutôt prêts à conduire les agents dans leurs plantations.
La cérémonie a été marquée par une séance de découverte et de dégustation de produits dérivés de l’anacarde. Les producteurs ont pu ainsi apprécier des amandes de cajou, l’huile, le vinaigre, du yaourt au cajou et la sauce cajou qui est faite à base de la pâte d’amandes.
Cette activité de sensibilisation de masse des producteurs d’anacarde à Korhogo fait suite à un atelier régional organisé, dans la même localité, à l’intention des autorités administratives et coutumières. Elle une extension de la stratégie de communication et de mobilisation autour du Projet d’Identification des Exploitants et des Exploitations d’Anacarde (IEEA).
Mireille YAPO (Envoyée spéciale)