Jeudi 20 août 2026 à Yamoussoukro, l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) de la filière anacarde s’est engagée dans l’élaboration d’une stratégie opérationnelle de sauvegarde environnementale et sociale.
A l’ouverture dudit atelier qui a duré deux jours, le Président du Conseil d’Administration(PCA) de l’OIA-Anacarde, Soro Beh, a souligné la nécessité pour la filière de conjuguer performance économique, protection de l’environnement, sécurité au travail et responsabilité sociale.
« Notre ambition n’est pas seulement de produire plus, notre ambition est de produire mieux et de produire durablement », a dit M. Beh. Il a estimé que l’avenir de l’anacarde ne peut être envisagé uniquement sous les angles de la production, du rendement, de la commercialisation et de la compétitivité.
Pour le PCA de l’OIA anacarde, la production et la transformation de l’anacarde peuvent exercer des pressions sur l’environnement lorsqu’elles ne sont pas suffisamment encadrées. Il a notamment cité la déforestation, la dégradation des sols, la perte de biodiversité, l’utilisation inappropriée des produits phytosanitaires, la pollution ainsi que la pression sur les ressources en eau et en énergie. « Protéger l’environnement, c’est protéger la production. Protéger les travailleurs, c’est protéger notre filière. Protéger les communautés, c’est consolider notre avenir », a-t-il insisté.
Soro Beh a expliqué que l’élaboration de cette stratégie vise à doter l’interprofession de documents « solides, réalistes, applicables et adaptés » aux réalités de la filière, permettant de mieux prévenir et gérer les risques environnementaux et sociaux liés à la production et à la transformation de l’anacarde.
Cette démarche devra prendre en compte la législation ivoirienne ainsi que les normes environnementales et sociales exigées par les partenaires techniques et financiers nationaux et internationaux, a précisé le président de l’OIA-Anacarde. M. Soro a aussi appelé l’ensemble des acteurs à participer activement aux travaux. Il a, en outre, insisté sur la formation et la responsabilisation des jeunes et des femmes, estimant qu’ils doivent être considérés comme des acteurs majeurs et des ambassadeurs de la transformation durable de la filière.
De son côté, le représentant du ministère des Eaux et Forêts a relevé la nécessité de concilier le développement de la production agricole avec la préservation du patrimoine naturel et forestier. Il a appelé à réduire la pression exercée sur les forêts par l’expansion agricole, tout en encourageant la restauration des terres dégradées et la reconstitution du couvert forestier.
Les travaux devront aboutir notamment à une stratégie de sauvegarde environnementale et sociale, une politique opérationnelle ainsi qu’un outil de suivi des objectifs et indicateurs, selon le président du conseil d’administration du Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA). L’OIA-Anacarde, créée en janvier 2022 à Yamoussoukro et reconnue officiellement par décret en octobre de la même année, constitue la plateforme de concertation et d’action des acteurs de la filière anacarde en Côte d’Ivoire.
Aristide KOFFI