Le Conseil du Coton, de l’Anacarde et du Karité (CCAK) a dévoilé ses objectifs et présenté les innovations de la filière karité pour la campagne 2026-2027, lors de la conférence de presse de lancement tenue vendredi 14 août 2026 à Abidjan.
Le Conseil du Coton, de l’Anacarde et du Karité (CCAK) a placé la lutte contre la pauvreté au cœur de cette campagne 2026-2027, motivé par le besoin d’améliorer les revenus des producteurs, qui sont essentiellement des femmes vivant en zone rurale.
« Le karité constitue une ressource éminemment stratégique pour la Côte d’Ivoire. Car il représente une source de revenus essentielle pour les populations rurales, et tout particulièrement pour les femmes qui assurent la production des amandes. En assurant des revenus, son développement contribue à l’indispensable lutte contre la pauvreté… La lutte contre la pauvreté doit rester et restera un objectif qui mobilise notre attention, nos décisions et nos moyens », a affirmé le président du Conseil d’administration du CCAK, Ehui Kouassi Jérôme.
Cette décision a nécessité des réformes de régulation à travers la structuration de la filière, notamment l’identification et la caractérisation des acteurs intervenant dans la commercialisation, ainsi que la mise en place d’outils visant à assurer une meilleure traçabilité des opérations. Ces premières initiatives, qui constituent une étape importante dans le processus de structuration de la filière, ont enregistré des avancées majeures, favorisant la traçabilité et la mise à disposition de données fiables sur la filière. Cela a permis d’identifier 168 acheteurs, 21 unités de transformation et 32 exportateurs au cours de la campagne 2025-2026.

« La Côte d’Ivoire ambitionne d’atteindre 60 000 tonnes »
Au total, 51 697 tonnes d’amandes de karité ont été enregistrées dans le circuit formel de commercialisation et entièrement orientées vers les unités de transformation locale, dont 14 078 tonnes exportées vers treize (13) pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique.
Globalement, le pays compte une vingtaine d’unités, représentant une capacité installée d’environ 130 000 tonnes d’amandes par an. Cette capacité demeure toutefois largement supérieure aux volumes effectivement commercialisés.
Pour la campagne de commercialisation 2026-2027, la Côte d’Ivoire ambitionne d’atteindre 60 000 tonnes.
Pour cette campagne, officiellement ouverte le 13 août 2026, les prix planchers obligatoires pour les amandes de karité bien séchées et bien triées, ne comportant aucune matière étrangère, sont fixés à 250 F CFA/kg pour le prix minimum bord champ, 275 F CFA/kg pour le prix magasin intérieur acheteur et 305 F CFA/kg pour le prix magasin usine.
Quant à l’autorisation des transferts des camions d’amandes de karité vers les usines, elle est fixée à compter du 17 août 2026.
Le CCAK a rappelé que les achats auprès des collectrices et des acheteurs sont exclusivement réservés aux unités de transformation, jusqu’à nouvel ordre.
Campagne 2026-2027 : vers une industrialisation de la filière karité
La Côte d’Ivoire dispose d’une capacité de transformation supérieure à sa capacité de production. À cet effet, l’exportation des noix de karité a été strictement interdite durant la campagne 2026-2027. Cette interdiction s’inscrit également dans la politique d’industrialisation, qui consiste à passer à une seconde transformation.
Cette étape de raffinage permet d’obtenir deux produits, dont l’un est utilisé dans la cosmétique et l’autre comme complément dans le processus de fabrication du beurre de cacao, commercialisés à de meilleurs prix.
Dans sa politique de dynamisation de la filière karité, le CCAK a apporté une innovation au sein de l’organisation. Il s’agit des ateliers régionaux organisés dans les régions productrices. Au nombre de six, ces rencontres permettront d’initier les acteurs aux techniques de fabrication d’un karité de meilleure qualité. Ils serviront également de cadres pour informer et encourager ces derniers sur les techniques de la seconde transformation.
« Lorsque nous arrivons donc à la seconde transformation, nous sommes persuadés que les acteurs du karité pourraient avoir des résultats beaucoup plus élevés. Nous encourageons tous les acteurs à penser à cette seconde transformation », a confié le directeur général adjoint du Conseil du Coton, de l’Anacarde et du Karité, Konaté Issa.
Sandrine KOUADJO