Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique et de la restauration du couvert forestier, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a procédé, mercredi 12 août 2026, à la remise officielle de chèques d’un montant total de 62 816 260 FCFA aux communautés villageoises de Gnato, Bliéron et Pimé, dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire, a rapporté lepaysann.com.
Cette enveloppe constitue la première tranche d’un financement global de 88 850 285 FCFA destiné aux trois localités du département de Tabou. Elle s’inscrit dans le cadre du Projet de paiement des réductions d’émissions (PRE) autour du Parc national de Taï, mis en œuvre dans le cadre de la stratégie nationale REDD+ avec l’appui de la Banque mondiale.
Devant les chefs traditionnels, les jeunes et les femmes des différentes communautés, le ministre Abou Bamba a salué l’engagement et la clairvoyance des populations bénéficiaires. Celles-ci ont volontairement décidé de créer une réserve naturelle de 1 059,10 hectares, renonçant ainsi à convertir ces terres en zones agricoles.
« Ces chèques portent un message clair et puissant : en Côte d’Ivoire, préserver la forêt devient une source de revenus et un levier de développement local », a déclaré le ministre.
Selon lui, cette initiative s’inscrit dans l’ambition nationale de restaurer et de préserver au moins 20 % du couvert forestier d’ici à 2040, soit environ 6,5 millions d’hectares.
Abou Bamba a également pris l’engagement d’accompagner ces massifs forestiers jusqu’à leur classement officiel en réserves naturelles volontaires, par décret présidentiel, afin de leur garantir une pleine sécurité juridique.
Des fonds destinés à des activités génératrices de revenus
La répartition des fonds tient compte des choix des différentes communautés. Gnato bénéficie ainsi de 25 126 504 FCFA, soit 40 % de l’enveloppe, destinés au développement de l’aviculture. Bliéron reçoit 21 985 691 FCFA, soit 35 %, pour la pisciculture, tandis que Pimé bénéficie de 15 704 065 FCFA, soit 25 %, pour la porciculture.
Afin de garantir une gestion transparente des ressources, le ministre a demandé que chaque fonds soit administré par un comité villageois élargi aux femmes et aux jeunes. Les comptes devront, par ailleurs, être présentés et révisés lors de chaque assemblée villageoise.
Pour sa part, le coordonnateur du PRE, Éric Konan, a rappelé que ces paiements reposent sur un mécanisme international fondé sur des réductions d’émissions de gaz à effet de serre qui ont été mesurées, vérifiées et certifiées.
Depuis 2020, près de 20 millions de tonnes équivalent CO₂ ont ainsi été vérifiées en Côte d’Ivoire. Plus de 2,8 milliards de FCFA ont déjà été redistribués par mobile money à plus de 22 000 bénéficiaires directs à travers le pays.
S’exprimant au nom des bénéficiaires, le porte-parole des trois villages, Bernard Tahé Djoui, a rappelé que l’engagement collectif en faveur de la préservation de la forêt remonte à 2021.
« Conserver la forêt, ce n’est pas facile », a-t-il témoigné avec émotion, se réjouissant toutefois de voir les efforts consentis par les communautés enfin récompensés à travers le mécanisme du PRE.
Sandrine KOUADJO