L’agriculture ghanéenne s’engage dans une nouvelle dynamique. Grâce à l’intelligence artificielle (IA) et aux drones, les producteurs disposent désormais d’outils capables de détecter les maladies et les ravageurs des cultures bien avant l’apparition des premiers symptômes visibles. Une innovation qui pourrait contribuer à réduire les pertes agricoles et à renforcer la sécurité alimentaire.
Chaque année, les ravageurs et les maladies des plantes détruisent une part importante des récoltes en Afrique, entraînant des pertes économiques considérables. Pour répondre à ce défi, la start-up ghanéenne KaraAgro AI a développé une solution reposant sur l’intelligence artificielle et l’imagerie aérienne.
Équipés de capteurs intelligents, les drones survolent les plantations, notamment les vergers de cajou, afin de détecter des anomalies invisibles à l’œil nu. Les données recueillies sont ensuite analysées par un système d’intelligence artificielle capable d’identifier les premiers signes d’infection ou d’infestation.
« Grâce à notre système KaraAgro AI, nous pouvons localiser avec précision, à partir d’une feuille, l’endroit où les maladies et les ravageurs commencent à se développer. Cela peut nous donner un mois d’avance par rapport aux méthodes traditionnelles qui consistent à parcourir manuellement les exploitations pour les inspecter », explique Darlington Akogo, fondateur de KaraAgro AI.
Cette avance d’environ un mois permet aux agriculteurs d’intervenir rapidement avant que les maladies ne se propagent à l’ensemble des cultures. Les spécialistes estiment que cette agriculture de précision pourrait améliorer les rendements tout en réduisant l’utilisation excessive de pesticides.
Au Ghana, des drones et l’intelligence artificielle pour anticiper les pertes agricoles
Pour Osman Tanko, expert en agriculture, l’adoption de ces technologies représente toutefois un défi culturel. « Ceux qui ont généralement peur des nouvelles technologies, ceux qui sont un peu sceptiques à l’égard de cette technologie, ont probablement une mentalité traditionnelle selon laquelle cela pourrait nuire à leurs cultures. Or, ce sont eux qui risquent d’être laissés pour compte », a-t-il indiqué.
Consciente de ces réticences, KaraAgro AI mène actuellement un vaste programme de formation destiné aux agents agricoles à travers le Ghana. Ces derniers sont chargés d’accompagner les producteurs, notamment les petits exploitants, dans la prise en main de ces nouveaux outils afin de démocratiser l’accès à cette technologie.
Au-delà du Ghana, cette initiative illustre le potentiel de l’intelligence artificielle dans la transformation de l’agriculture africaine. Face aux effets du changement climatique, à la prolifération des ravageurs et à la nécessité d’augmenter la production alimentaire, les solutions numériques pourraient devenir un levier essentiel pour renforcer la résilience des exploitations agricoles et garantir une production plus durable.
Sandrine KOUADJO et Gabon24