L’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural (ANADER) a permis à deux de ses spécialistes de prendre part, du 15 au 18 juin 2026, à une formation internationale de haut niveau, organisée par la Potato Business School (PBS) à Emmeloord, au Royaume des Pays-Bas.
C’était dans le cadre de la politique de renforcement des capacités des agents de l’ANADER et de la promotion des filières agricoles à fort potentiel. Selon anader.ci, les deux agents de l’Institution, bénéficiaires de cette formation internationale, sont messieurs Sipo Pierre Martin, Chef Service Productions Végétales à la Direction Régionale Ouest de Man et Ake Owanzé Simon, Chef Service Productions Végétales à la Direction Régionale Nord-Ouest d’Odienné.
Durant quatre jours, les deux agents de l’ANADER ont eu droit à une formation intensive alliant enseignements théoriques et visites d’entreprises ainsi que d’exploitations agricoles spécialisées dans la production de pomme de terre. Sipo Pierre Martin et Ake Owanzé Simon ont ainsi approfondi leurs savoirs sur l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la sélection variétale jusqu’au stockage des récoltes, en passant par la production de semences, la fertilisation des sols, la gestion des maladies, l’irrigation et la mécanisation agricole.
Cette formation leur a aussi permis de découvrir le modèle néerlandais, reconnu mondialement pour ses performances dans la production et la commercialisation de la pomme de terre. Située à Emmeloord, au cœur du principal bassin de production de pommes de terre des Pays-Bas, la Potato Business School est une institution qui est aujourd’hui une référence mondiale dans le transfert de technologies et d’innovations liées à cette culture.
Pour l’ANADER, cette formation représente une importance stratégique dans un contexte où la pomme de terre apparaît comme une culture d’avenir pour la Côte d’Ivoire. La demande nationale est estimée à plus de 56 000 tonnes par an, tandis que la production locale demeure encore marginale, autour d’une cinquantaine de tonnes.
Cette situation entraîne une forte dépendance vis-à-vis des importations, qui représentent une dépense annuelle estimée à près de 22 milliards de francs CFA. Pourtant, plusieurs zones du pays disposent de conditions agro-climatiques particulièrement favorables à cette culture, notamment les régions du Nord autour de Ferkessédougou ainsi que certaines localités de l’Ouest, notamment Touba. Avec une telle formation pour ses agents aux techniques les plus avancées développées aux Pays-Bas, l’ANADER entend créer un noyau d’experts capables d’accompagner efficacement les producteurs ivoiriens.
L’objectif est d’améliorer les rendements, de promouvoir des semences de qualité adaptées aux conditions locales, de renforcer la maîtrise des techniques culturales modernes et de mieux structurer la chaîne de valeur, depuis la production jusqu’à la commercialisation.
Au-delà des aspects techniques, cette approche vise également à professionnaliser les coopératives, à réduire les pertes post-récolte et à favoriser l’émergence d’une industrie locale de transformation. Via cette initiative, l’ANADER met au goût du jour sa volonté de contribuer à la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire en développant une filière pomme de terre moderne, compétitive et durable.
Cette formation internationale, dont a bénéficié les deux agents de l’ANADER, s’inscrit dans le prolongement d’une mission effectuée récemment aux Pays-Bas par Dr Sidiki Cissé, Directeur Général de l’Institution, au cours de laquelle des échanges fructueux avec le Ministre Conseiller de l’Ambassade des Pays-Bas ont permis d’ouvrir des perspectives de coopération dans le domaine du développement de la pomme de terre en Côte d’Ivoire.
André SELFOUR