La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans la transformation durable de sa filière anacarde. Un atelier de restitution de l’étude sur le potentiel de valorisation carbone de la filière cajou s’est tenu le mercredi 24 juin 2026 au Plateau, avec pour ambition de faire de cette filière un modèle d’économie circulaire et de finance carbone en Afrique de l’Ouest.
À l’ouverture des travaux, le Directeur général du Conseil Coton Anacarde Karité (CCAK), Mamadou Berté, a souligné que malgré les performances enregistrées par le secteur avec une production nationale dépassant 1,5 million de tonnes de noix brutes et un taux de transformation locale de 43 % plusieurs défis demeurent. Parmi eux figurent la préservation des vergers, la protection des ressources naturelles et la sécurisation des revenus des producteurs.
Pour relever ces défis, le CCAK mise notamment sur l’agroforesterie et la valorisation du carbone séquestré dans les plantations. Dans cette perspective, cinq axes prioritaires ont été identifiés : l’évaluation du potentiel de séquestration carbone de la biomasse, le développement des énergies renouvelables, la gestion durable des déchets, les mesures d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, ainsi que la restauration des sols et la lutte contre la dégradation des vergers.
Mamadou Berté a également mis en avant la construction du Centre de Valorisation des Coques (CVC) de cajou à Yamoussoukro, présenté comme une illustration concrète de l’intégration de la bioénergie et de l’économie circulaire dans la filière.
Filière cajou : la Côte d’Ivoire explore son potentiel carbone
Appelant à une mobilisation de l’ensemble des acteurs, il a déclaré : « En conjuguant nos efforts, nous poserons les bases de filières agricoles plus performantes, compétitives et durables, capables de garantir des revenus décents aux producteurs et de contribuer au développement de notre pays. »
Représentant la Banque mondiale, Mélanie Ahoba a indiqué que l’étude, réalisée avec l’appui de Nitidae, met en évidence plusieurs opportunités de financement carbone. Parmi les pistes les plus prometteuses figure la production de biochar à partir des coques de cajou.
Selon elle, cette solution permet à la fois de valoriser un sous-produit encore peu exploité, de stocker durablement du carbone et d’améliorer la fertilité des sols. « Ce travail démontre qu’il est possible de concilier compétitivité économique, création de valeur locale et action climatique », a-t-elle souligné.
Cet atelier s’inscrit dans le cadre du Fair Climate Fund et bénéficie de l’appui du Bureau des Marchés Carbone (BMC), opérationnel depuis 2025. Ce mécanisme facilite l’accès aux financements carbone, notamment à travers la mesure 22 relative à la transformation des terres agricoles en systèmes forestiers durables.
Sandrine KOUADJO et SERCOM